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« Grâce à la variété des approches et des entrées possibles, chaque thématique colorée s’avère au final bien plus complexe qu’il n’y parait. »

27 mai 2020
The Drawer n°18
The Drawer n°18

The Drawer est une revue semestrielle consacrée au dessin. Terrain de jeu, d’expression et de création, elle rassemble à chaque numéro une trentaine d’artistes et designers autour d’un thème commun. Le thème de ce 18ème numéro : la couleur jaune.

10 questions à Barbara Soyer et Sophie Toulouse fondatrices de The Drawer.

  1. Pouvez-vous vous présenter rapidement ainsi que vos rôles dans The Drawer ?

    Nous sommes Barbara Soyer, journaliste et ancienne éditrice chez Beaux Arts Magazine et Sophie Toulouse, directrice artistique, illustratrice et enseignante aux Arts Décoratifs, nous co-dirigeons la revue depuis sa création en 2011.

    « Inspirer, révéler et valoriser le dessin contemporain sont les trois principaux objectifs de la revue. »

  2. Pourquoi avoir voulu créer The Drawer ?

    Pour partager notre passion du dessin et pour offrir un registre d’images renouvelé aux créatifs de tous horizons, encourageant la curiosité et les collaborations artistiques. Nous étions convaincues que The Drawer trouverait sa place dans un paysage éditorial principalement tourné vers la photographie et l’illustration pure. Inspirer, révéler et valoriser le dessin contemporain sont les trois principaux objectifs de la revue.

  3. Pouvez-vous nous présenter l’équipe du magazine et comment vous êtes organisés ?

    A part la distribution confiée à des prestataires, nous faisons tout à deux depuis le début : direction artistique, graphisme, édition, rédaction, communication, recherche de partenariats, manutention… Par nécessité économique mais également par choix. Cette polyvalence est le meilleur moyen de garder la maîtrise sur tout et c’est aussi ce qui fait notre force. A l’avenir, l’idée est cependant de pouvoir davantage déléguer pour mieux se concentrer sur l’essentiel.

  4. Pouvez-vous nous décrire ce volume 18 ?

    Il correspond bien à l’idée de départ de The Drawer, à sa volonté « œcuménique ». Ce volume est visuellement riche, diversifié, il multiplie les registres et les écritures en parvenant à une forme d’unité, de cohérence. Toutes les formes du dessin sont présentées et des artistes de toutes les générations, tous les horizons et toutes les notoriétés se côtoient, de l’artiste et graffeur américain Lee Quinones au journaliste et artiste français Laurent Goumarre, dans un mélange et un mix propres à la revue. C’est la signature de The Drawer : exigence, ouverture, décloisonnement, transversalité.

  5. Quels sont les illustrations du numéro dont vous êtes les plus satisfaites ?

    Nous sommes fières de publier un portfolio de dessins inédits de l’illustrateur Saul Steinberg, disparu en 1999, dans ce numéro. Et de le faire cohabiter avec les œuvres de Lee Quinones, Ana Benaroya, Holly Coulis et Mira Schor, quatre autres artistes américains aux parcours très différents, encore peu connus en France. C’est également un plaisir de partager le travail de l’artiste français Gregory Cuquel et du suisse Ralph Bürgin, que nous avons découverts récemment. Nous espérons que les lecteurs seront sensibles et surpris par nos choix.

    «  Nous aimons les livres, nous sommes attachées au papier et que ce support s’imposait pour publier du dessin. »

  6. Pourquoi avoir choisi de faire une revue papier ?

    Parce que nous aimons les livres, que nous sommes attachées au papier et que ce support s’imposait pour publier du dessin.

  7. Chaque volume a un thème, comment est-ce que vous le choisissez ?

    Depuis le volume 15, nous avons choisi de nous concentrer sur la couleur – comme matière, concept, expérience, idée. « La couleur surtout et peut être plus encore que le dessin est une libération », disait Henri Matisse dans ses Écrits et propos sur l’Art. Chaque volume explore une couleur différente : le blanc, le vert, le rose, le jaune aujourd’hui, en évitant au maximum d’être trop littéral. La sélection des artistes et des œuvres est évidemment primordiale. Grâce à la variété des approches et des entrées possibles, chaque thématique colorée s’avère au final bien plus complexe qu’il n’y parait.

  8. Quel est votre regard sur les revues et magazines indépendants ?

    Un regard admiratif et bienveillant. Nous connaissons la difficulté à faire exister ce genre de propositions et à les faire durer surtout. Ce sont des espaces de création et de liberté à préserver.

  9. Quels sont les projets futurs pour The Drawer ?

    Nous souhaitons développer notre maison d’édition et faire de plus en plus de monographies et de livres d’artistes. Nous voulons également multiplier les projets d’exposition originaux, transversaux et hybrides, qui mélangent les disciplines créatives, à l’image de POIL, une collection de pulls d’artistes que nous avons imaginée en 2018 et qui est exposée en ce moment et jusqu’au 11 avril à la galerie Vallois. 2021 sera une année importante pour nous, celles des 10 ans de la revue. Nous sommes en train de réfléchir à une exposition et à une édition spéciale.

  10. Quels sont les magazines ou revues qui vous ont le plus inspirés dans la création de The Drawer ?

    Permanent Food pour sa liberté et sa force visuelle. Acne Paper et Paradis pour leur élégance et leur rigueur. La trop rare revue Collection, extrêmement bien pensée.