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"La création artistique est pour moi une forme de recherche mais dans un autre langage."

22 novembre 2019
Klima n°2
Klima n°2

Klima est un magazine semestriel lancé en 2018. Chaque numéro est organisé autours d’un article universitaire et se définit comme des rencontres de plusieurs disciplines autours d’un même thème avec pour but de démocratiser la recherche et de la confronter au monde de la création artistique.
10 questions à Antonine Scali, fondatrice de Klima

Écouter notre podcast enregistré avec l'équipe de Klima  

Novembre 2019 | Klima
  1. Peux-tu te présenter rapidement ainsi que ton rôle dans Klima ?

    Je m’appelle Antonine, j’habite à Paris. J’ai fait des études d’histoire de l’art, d’anglais et de sociologie après avoir vécu, étudié et travaillé en Amérique latine. J’ai décidé de créer la revue Klima quand j’ai fini mes études. Je suis donc la fondatrice et rédactrice en cheffe du magazine. Je supervise le contenu éditorial, je recherche et propose du contenu avec le comité de éditorial.

  2. Pourquoi avoir voulu créer Klima ?

    Après avoir fréquenté un milieu universitaire, j’ai eu envie de sortir du cadre académique dans le but de démocratiser les recherches auxquelles j’avais accès, et de les confronter au monde de la création artistique, — qui pour moi est une forme de recherche mais dans un autre langage.

  3. Peux-tu nous présenter l’équipe du magazine et comment vous êtes organisés ?

    Nous sommes 8 dans l’équipe, cinq personnes dans le comité éditorial et trois directeurs artistiques. Le comité éditorial est divisé en deux parties : une consacrée à l’art et à la création de projet exclusif pour chaque numéro, et l’autre qui se concentre sur la recherche universitaire en sciences humaines. Nous choisissons un thème général à chaque début de numéro et chaque membre de l’équipe propose des interventions, des thèmes, des artistes ou des universitaires en lien avec le thème proposé. Ensuite, avec la co-fondatrice Loucia Carlier, nous choisissons les interventions en fonction des intérêts politiques de Klima, de nos sensibilités et en fonction de la cohérence du propos.

  4. Peux-tu nous décrire le numéro 2 ?

    Le numéro 2 est consacré à la crise écologique mondiale, à l’impact de l’activité humaine sur son environnement et à l’interdépendance entre les entités qui composent la Terre. Nous avons invité des universitaires, des artistes, des poètes autour de ces thèmes. C’était par ailleurs assez complexe de formuler et synthétiser une pensée autour d’un thème aussi vaste. Mais on l’a observée depuis des points de vue pragmatiques, poétiques, spéculatifs et décoloniaux.

  5. Quels sont les contenus du numéro dont tu es la plus satisfaite ?

    Je suis assez satisfaite du fait que dans ce numéro consacré à la crise environnementale, on n’ait pas oublié de mentionner certaines populations comme elles aussi victimes de la crise, que tout est lié et tout est interdépendant. Quand on parle de la crise environnementale, on a tendance à penser aux ours polaires maigres sur leur banquise fondue — image terrifiante par ailleurs, et le fait de ne pas mentionner des humains masque l’aspect politique des systèmes hégémoniques de surconsommation et leurs conséquences, autant pour le monde humain que le monde animal ou végétal.

    “On est tellement submergé.e.s avec internet que l’impact ne sera pas le même si on présente un contenu tangible, défini et fini sur du papier que sur du numérique.”

  6. Pourquoi avoir choisi de faire un magazine papier ?

    Tout simplement parce qu’on aime le papier, on aime l’objet du livre. On est tellement submergé.e.s avec internet que l’impact ne sera pas le même si on présente un contenu tangible, défini et fini sur du papier que sur du numérique. D’autant plus que le magazine papier est un moyen de présenter un contenu autant esthétique que théorique.

  7. Chaque numéro de Klima est centré autour de contenus créé par des chercheurs. Penses-tu que leur parole est assez entendue dans les médias plus « traditionnels » ?

    Malheureusement pas suffisamment, même s’il y a du progrès,  et c’est d’ailleurs à partir de ce constat que nous est venu l’envie de faire un magazine qui rende visible le travail de ces universitaires. L’enjeu est de rendre accessible cette recherche qui semble parfois un peu opaque pour un public non spécialisé. Il est donc primordial d’offrir un support à ces scientifiques afin transmettre leurs connaissances au grand public.

    “L’enjeu est de rendre accessible la recherche qui semble parfois un peu opaque pour un public non spécialisé. Il est donc primordial d’offrir un support à ces scientifiques afin transmettre leurs connaissances au grand public.”

  8. Quel est ton regard sur les magazines et revues indépendants ?

    Il y a en ce moment en France une nouvelle dynamique de plus en plus de magazines et revues indépendants émergent, ce qui laisse un espoir quand à l’avenir du papier. Il y a une cohabitation intéressante avec le digital. Les revues se spécialisent de plus en plus, on est moins dans de l’actualité pure telle qu’on la connaissait. Les revues se placent au carrefour de différentes disciplines et champs d’investigations : les jeux vidéos rencontrent la recherche comme le montre la revue Immersion, l’histoire de l’art répond à la nourriture dans Club Sandwich, et la musique à la science dans Audimat par exemple.

  9. Quels sont les projets futurs pour Klima ?

    Nous travaillons sur le numéro 3 qui sortira en Suisse en juin prochain et sera accompagné d’un projet d’exposition. On se concentre pour ce nouveau numéro sur la place accordée dans nos existences au non visible et au non humain, et quelles sont les nouvelles spiritualités. Un second lancement du numéro 2 aura lieu à La Becque, une résidence suisse près de Lausanne qui nous avez accueilli au mois de mai. Différentes journée d’études vont par la suite s’articuler pour cet hiver autour de la crise environnementale.

  10. Quel est le magazine ou la revue qui vous a le plus inspiré dans la création de Klima ?

    On aime beaucoup les magazines Octopus Notes, Cura, Afterall…