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Gaze, La revue des regards féminins.

18 décembre 2020
Gaze n°1
Gaze n°1

Lancée en 2020, Gaze est une revue bi-annuelle célébrant les regards féminins, à travers des récits intimes, du journalisme gonzo et une tonne de photographie.

Entretien avec Clarence Edgard-Rosa, fondatrice de Gaze.

  1. Peux-tu te présenter rapidement ainsi que ton rôle dans Gaze ?

    Je suis journaliste et autrice spécialistes des questions féministes. Après être passée par une tonne de médias différents (de Causette à Marie Claire) j’ai monté Gaze avec une magnifique bande de femmes. Je suis directrice de la publication — mon rôle sur le papier est celui de rédac cheffe (ça je connais, c’est mon métier !) mais en pratique c’est aussi un milliards d’autres métiers que j’apprends sur le tas. Les joies et les montagnes russes de la création de d’un magazine !

  2. Pourquoi avoir voulu créer Gaze ?

    Gaze est né d’un besoin pressant d’alternative : alternative à une presse féminine encore bourrée d’injonctions et de normes qui enferment, alternative aux médias qui généralement en France sont créés pensés et dirigés par des hommes (y compris d’ailleurs les médias féministes), et puis bien sûr, alternative au regard masculin qui nous a si longtemps été présenté comme un regard neutre et qui a forgé nos imaginaires et notre vision du monde. J’ai voulu créer une revue qui soit une porte d’entrée dans les regards des femmes dans toute leur pluralité. Gaze est un bel objet de 160 pages sans pub, qui laisse une grande place à l’image et qui explore les enjeux culturels, sociaux et surtout intimes de la condition féminine. Nous faisons la lumière sur des regards de femmes et de personnes non-binaires et les mettons toutes sur le même plan, qu’elles soient célèbres ou inconnues, jeunes ou moins jeunes.

    “Nous faisons la lumière sur des regards de femmes et de personnes non-binaires et les mettons toutes sur le même plan, qu’elles soient célèbres ou inconnues, jeunes ou moins jeunes.”

  3. Peux-tu nous présenter l’équipe de la revue et comment vous êtes organisées ?

    Près de 40 contributrices ont participé au premier numéro, mais nous sommes une petite équipe de 4 ! Je travaille avec un duo de direction artistique — Laura Lafon, qui s’occupe de la photographie (de l’identification des talents à la production des images en passant par la recherche iconographique) et Juliette Gabolde, en charge de l’identité visuelle de Gaze, sa maquette et sa fabrication — ainsi que Stella Ammar qui s’occupe à mes côtés de la partie studio de création et partenariats. J’ai vraiment la chance d’avoir avec moi une équipe talentueuse et pluridisciplinaire. J’ai aussi constitué un board — composé de la journaliste et entrepreneuse Laurianne Melierre, du fondateur de la revue Usbek et Rica Jérôme Ruskin, de l’activiste féministe et réalisatrice Elvire Duvelle-Charles et de l’agente littéraire Ariane Geffard, qui soutiennent Gaze et nous conseillent.

  4. Comment avez-vous construit ce 1er numéro ?

    Nous l’avons construit d’abord autour de nos rubriques qui sont des rendez-vous qu’on retrouvera d’un numéro à l’autre : une lettre d’amour à soi-même signée par une écrivaine, une série mode qui explore la notion de power dressing, un portrait de femme à travers un objet qui ne la quitte pas, une conversation intime entre une grand-mère et sa petite fille, trois grand portfolios de photographes… Et puis, nous avons construit ce premier numéro avec une vraie volonté de donner à voir et entendre des femmes très différentes, de faire cohabiter leurs regards et de les mettre en valeur dans un bel écrin.

  5. Pourquoi avoir choisi de faire une revue papier ?

    L’ambition de Gaze, c’est de proposer une revue qui se collectionne, se garde, se partage, et soit tout aussi pertinente à sa parution que cinq ans après. Dans les pages de Gaze il n’y a volontairement aucune mention de l’actualité, parce que je pense que pour faire du papier aujourd’hui, quand on a un tant soit peu de sensibilité écologique, il faut vraiment que ce qu’on a à y imprimer s’inscrive dans le temps.

    “Je pense que pour faire du papier aujourd’hui, quand on a un tant soit peu de sensibilité écologique, il faut vraiment que ce qu’on a à y imprimer s’inscrive dans le temps. ”

  6. De nombreux médias féministes, engagés, voient le jour en ce moment, comment accueillez-vous ces différentes initiatives ?

    C’est le signe d’un momentum et d’une attente des lecteur·ice·s, j’en suis très heureuse ! Il y a effectivement plusieurs initiatives qui se lancent cette année et c’est génial de voir la diversité des propositions : c’est bien la preuve qu’il y a beaucoup à dire sur la question de la condition féminine et que l’on est nombreux·ses à avoir soif de nouvelles narrations.

  7. Est-ce que la crise sanitaire actuelle a changé quelque-chose dans votre rapport au magazine ?

    J’en lisais énormément, j’en lis autant aujourd’hui ! Ce qui a changé, à titre collectif, c’est certainement que l’idée d’un magazine qui devient obsolète après la lecture est de plus en plus dépassée.

  8. Quels sont les projets futurs pour Gaze ?

    L’année prochaine, Gaze lance son prix pour les jeunes talents : il récompensera une photographe et une autrice. Notre ambition, c’est de mettre en lumière des talents au regard singulier, pour bouleverser un peu l’uniformité des récits que l’on constate dans l’univers des médias, où tout le monde a tendance à se ressembler, venir du même milieu et raconter le monde au même prisme.

  9. Quels sont les magazines ou revues qui vous ont le plus inspirés dans la création du votre ?

    Nous avons été inspirées par beaucoup de revues ! Notamment Sabat (sublime et mystique), Gentlewoman (élégant et statutaire), Ms. (pionnier et poing levé) ou encore Gal Dem (beau et engagé).

     

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    Pour plus d’informations sur Gaze, rendez-vous sur gaze-magazine.com