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« Le champ de la visualisation de données est de plus en plus présent dans notre quotidien, et nous avons donc voulu mettre en lumière des projets et des critiques à même de mieux le comprendre. »

22 janvier 2020
Back Office n°2
Back Office n°2

Back Office est une revue annuelle d’analyse du design graphique et des pratiques numériques. Née du manque d’écrits et de recul critique dans un domaine prenant de plus en plus de place dans nos vies, la revue prend le parti de la pédagogie (un glossaire accompagne chaque numéro) et affirme son orientation critique en privilégiant la prises de recul afin d’éclairer la situation contemporaine et d’y tracer de nouvelles trajectoires. Intitulé « Penser, classer, représenter », ce numéro s’attaque à la représentation et aux interactions avec les données numériques.

10 questions à Anthony Masure, fondateur et directeur éditorial de Back Office.

Écouter notre podcast enregistré avec l'équipe de Back Office  

Janvier 2020 | Back Office
  1. Pouvez-vous vous présenter rapidement ainsi que votre role dans Back Office ?

    L’équipe de Back Office est constituée de trois personnes : moi-même, Anthony Masure (responsable de la recherche à la HEAD — Genève), Élise Gay (designer graphique), et Kévin Donnot (designer graphique et enseignant à l’EESAB — Site de Rennes). Élise et Kévin ont leur propre studio, E+K, et travaille principalement sur des projets de design éditorial.

    “Nous avons rapidement identifié un manque en langue française sur les enjeux graphiques et numériques, et la difficulté à les incarner dans un cadre pédagogique. ”

  2. Pourquoi avoir voulu créer Back Office ?

    Nous nous sommes rencontrés en 2015 autour d’intérêts communs concernant les relations entre le design graphique et les technologies numériques. À l’époque, je venais de terminer ma thèse sur un sujet proche, et Kévin avait publié un article dans la revue Graphisme en France. Nous avons rapidement identifié un manque en langue française sur ces enjeux, qui va de pair avec une difficulté à les incarner dans un cadre pédagogique (nous sommes tous les trois enseignants, par ailleurs).

  3. Pouvez-vous nous présenter l’équipe du magazine et comment vous êtes organisés ?

    L’équipe élargie de la revue comprend d’une part notre éditeur, B42, qui nous apporte son expertise et sans lequel ce projet n’aurait pas été possible sous cette forme, et d’autre part un « comité scientifique » international et paritaire, qui nous aide à préciser les contenus de chaque numéro.

  4. Pouvez-vous nous décrire ce numéro 2 ?

    Intitulé « Penser, classer, représenter », ce numéro traite des enjeux de tri, d’affichage et d’interactions avec des données numériques. Le champ de la « visualisation de données » est de plus en plus présent dans notre quotidien, et nous avons donc voulu mettre en lumière des projets et des critiques à même de mieux le comprendre.

  5. Quels sont les contenus du numéro dont vous êtes les plus satisfaits ?

    Deux articles retiennent particulièrement notre attention :un texte du designer graphique Joost Grootens sur la notion d’ambiguïté appliquée au design cartographique, et une fiction littéraire écrite par l’écrivaine Laure Limongi qui prend la forme d’un monologue rédigé par une intelligence artificielle.

  6. Pourquoi avoir choisi de faire un magazine papier ?

    Nous sommes tous les trois attachés à la matérialité des objets, et c’est pourquoi la maquette graphique et le façonnage de
    la revue font l’objet d’une attention particulière, comme par exemple la teinture sur tranche. Le format imprimé, de par son caractère fixe, permet d’autres usages que la lecture à l’écran.

    “Il était essentiel pour nous que la revue puisse s’adresser à un public élargi. ”

  7. Le magazine est accompagné d’un glossaire pour aider les lecteurs à cerner un jargon souvent trop technique. Est-ce que cette dimension de vulgarisation est centrale à votre projet ?

    Il était essentiel pour nous que la revue puisse s’adresser à un public élargi, d’où l’idée de ce glossaire technique qui permet de fixer les significations de termes ambigus ou trop techniques.

  8. Quel est votre regard sur les revues et magazines indépendants ?

    Avec la démocratisation du Web, il est devenu plus facile de créer des contenus très ciblés qui puissent pour autant trouver
    leur public. Toute la difficulté consiste à installer ces projets dans la durée, avec un modèle économique viable.

    “« Avec la démocratisation du Web, il est devenu plus facile de créer des contenus très ciblés qui puissent pour autant trouver leur public. Toute la difficulté consiste à installer ces projets dans la durée, avec un modèle économique viable. » ”

  9. Quels sont les projets futurs pour Back Office ?

    La revue s’autofinance principalement par les ventes au numéro, aussi notre principal axe de développement consiste à élargir notre lectorat à l’international – les contenus étant bilingue français/anglais. Il en va de même pour les auteurs :nous allons aller dans des directions nouvelles et plus ouvertes.

  10. Quels sont les magazines ou revues qui vous ont le plus inspirés dans la création de Back Office ?

    Back Office est une revue « cousine » de Back Cover, aussi éditée par B42 qui traite de médias graphiques imprimés. Nous avons aussi été inspirés par la revue d’art numérique Holo pour ses contenus et sa maquette, ainsi que de la revue de recherche en sciences humaines et sociales Multitudes pour la diversité de ses tons d’articles.